Arnaques

Nous aurions sans doute apprécié plus Tolède si nous avions eu le temps de faire quelques visites alors que nous l’avons marchée rapidement, à la recherche des souvenirs parfaits… Le choix est impressionnant. Les rues sont bordées de boutiques offrant pratiquement toutes les mêmes typiques pièces damasquinées et couteaux aux lames travaillées. Comme dans n’importe quoi, la qualité varie. On reçoit maintes explications et on nous indique les objets fait mains ou à la machine. On peut observer certains artisans à l’œuvre, quel travail minutieux! La pâte d’amandes apparaît dans l’autre tiers de vitrines sous toutes les couleurs et aspects. Clairement touristique, mais on aurait aimé l’explorer à fond si ce n’était du temps qui manquait…

On monte ensuite vers Madrid où nous croyions avoir un espace de stationnement réservé. Oups, ce n’est pas le cas… on trouve un espace libre, on ne voit pas d’interdiction sauf pour le dimanche et les jours de festivités… Sachant qu’on doit la déplacer pour le lendemain matin, on la retrouve décorée d’un ticket… On avait pourtant vérifié auprès de l’hôte… On fini par comprendre qu’il y a des bornes à l’autre bout de la place. On va garer la voiture à l’autre bout de la ville et on revient en métro. On apprend le surlendemain que nos billets achetés d’avance ne sont plus valides… bref, Madrid est une ville où l’on paye les déplacements.

Ça ne nous empêche pas d’apprécier la visite du Prado le lendemain. Quel immense musée! Les photos sont interdites mais si vous faites une petite recherche vous trouverez quels chefs-d’œuvre s’y trouvent! Rubens, Dali, Picasso, Miró, Veslasquez, etc. C’est un musée immense consacré aux œuvres du XIXe siècle ou antérieures.

On a aussi profité de la gratuité du dimanche au Centre d’art de la Reina Sofía pour voir l’exposition temporaire de David Wojnarowicz et les salles accessibles où l’on rencontre Miró à nouveau, Picasso, Dali, Man Ray, Juan Gris, Goya et autres comparses axés sur le XXe siècle.

Sinon, on a beaucoup marché et vu beaucoup de Plaza. On a mis le pied sur le point zéro des routes d’Espagne, on a soupé tous les soirs à la « maison » malgré que « côté équipements et propreté » ça laissait à désirer, pris l’apéro(s) une fois dans un bar à vins où nous avons goûté un blanc naturel, le Mic-Mac… Allô la SAQ? On en veut chez nous!

J’oubliais. La raison pour laquelle le stationnement était interdit dans nos rues le dimanche, El Rastro. Réussir à vous faire comprendre à quel point ce marché aux puces est gigantesque sera impossible. Sur des dizaines de rues, ruelles et grandes places, des centaines de vendeurs. Du neuf, de l’usagé, de tout… vêtements, bijoux, antiquités, vinyles(!), tout pour la maison et la cuisine, des livres, de l’art. On s’y est enfoncé pendant près de 4 heures…. et nous n’avons explorer qu’un marché sur 3!

Sans doute le plus beau moment à Madrid nous attendait. La troupe d’Ataca Paca et ses magnifiques interprétations de chansons, jouées, mimées. On est retourné les voir et les entendre pendant un bon moment et acheter leur CD! Des artistes talentueux et vivants!

Chapelet de villages

Location de voiture compliquée même si nous avions réservé de Québec il y a quelques mois par l’intermédiaire d’un courtier… Une belle Wolkswagon sport nous transporta le long des « autovia » où la limite affichée est souvent 120 km/h quoique peu respectée. Les autoroutes espagnoles sont lisses, ensoleillées et peu contrôlées. De Séville à Merida pour un arrêt historique aux ruines romaines principalement, une arène de gladiateurs et un théâtre où se tient encore de nos jours un festival annuel. Cher pour ce que c’est (et ça rappelle la Grèce) mais ça coupe la route jusqu’à Trujillo!

Enchanteur est le mot dès notre arrivée! Notre RBnB est dans le « vieux » s’il existe une autre partie de ville tellement les 9000 habitants ont tous l’air d’habiter ici. Une autre habitation weirdo de par la disposition des pièces mais charmante, bien équipée et chargée d’histoire. Souper maison, pas de powernap, et hop sur la grande place publique! C’est le centre d’intérêt avec ses multiples terrasses et les bâtiments patrimoniaux qui encadrent ce décor magique de soir! Des enfants s’amusent malgré l’heure tardive, des ados chillent près de l’église, des touristes boivent aux tabernas, l’Espagne quoi!

C’est le marché public en ce jeudi matin et plusieurs rues sont bloquées (une largeur de voiture) pour laisser place aux étals de cossins, de vêtements, de sous-vêtements, de chaussures et, dans le marché municipal, des fruits et légumes, poissons, viandes, charcuteries et autres produits frais. On en repart pas les mains vides avec un poisson blanc inconnu car on ne parle pas espagnol. On le divise pour en faire une part en ceviche sans coriandre car on ne trouve jamais d’herbes fraîches ici et un bout à la planchà en soirée.

Vroum vroum en char pour une ride vers Cáceres en passant par les petits villages (campagne profonde)… Nous avons l’air d’étranges qui ne passent pas inaperçus lorsqu’on voit quelqu’un. Quelques ruelles étroites dont certaines trop pour circuler en voiture, toujours une église mais pas grandiose et un enterrement à Valdefuegos. Bref, la route est agréable, fortuite et pittoresque. Dans les champs, des taureaux sauvages à l’ombre des oliviers. Enfin Cáceres! Un mélange de modernisme, de nouvelles constructions, et un accès à la colline alambiqué rappelant Grenade. De nombreux monuments historiques, tous religieux ou presque, trônent au sommet. La chaleur ne fait pas le poids face à la climatisation de la voiture et c’est un retour à Trujillo et ses 40 degrés affichés qui nous motive.

Une balade nous amène vers le cœur de Trujillo, on longe ses remparts, on visite sa principale église d’où un pigeon tente désespérément de sortir. On se retrouve dans un planétarium gonflant (comme une structure de jeux gonflable pour enfant dont on entend ronronner le ventilateur tout au long du film et qu’ils doivent arroser par l’extérieur pour refroidir la tente…) pour une projection sur l’arrivée de la vie sur terre… Kitsch mais drôle! On décide d’encourager une multitude de commerces locaux en achetant du pain (jamais très bon d’ailleurs), du vin blanc et des couteaux d’office Victorinox dentelés (introuvables depuis un bout au Québec; on soupçonne d’ailleurs une balance de stock!) La ville semble avoir été grandiose autrefois si l’on considère le nombre de commerces fermés, le nombre de locaux à louer ou à vendre et l’état de décrépitude général des bâtiments que seuls les pigeons occupent désormais. Même la fontaine centrale n’a plus de jet d’eau et ressemble à une flaque croupissante… Ça ne semble pas une destination prisée des voyageurs non plus et se faire servir ou comprendre en anglais est utopique même au bureau d’information touristique… Triste et romantique à la fois. D’après nos lectures, il y a ici une réserve renommée d’oiseaux. On les voit danser dans notre bout de ciel, mais surtout, on les entend. Des cigognes, oiseaux de proie, martinets, hirondelles, pour ne nommer que ceux que nous parvenons à identifier, sans parler des pigeons et tourterelles bien entendu.

Il fait toujours chaud à 23h et nous retournons à la Plaza Major pour un gin tonic avant le dodo, on reprend la route demain pour une étape à Tolède direction Madrid. Il n’y avait pas âme qui vive lorsque nous avons fait nos commissions vers 19h comme si la chaleur avait des propriétés anesthésiantes sur les habitants et les touristes. Se promener dans les entrelacs de ruelles un jour de canicule à l’heure où tout est fermé donne une excellente idée d’un monde apocalyptique de guerre nucléaire ou zombiesque car nous sommes seuls au monde dans ce bled perdu… On aime beaucoup!

Mesclun Sévillan

C’est pieusement que nous avons débuté notre journée en visitant rapidement la Basilica de San Poder et la Perruqueria San Lorenzo, toutes deux donnant sur une même place non loin de notre appartement. Nous passons ensuite devant la San Vicente pour aboutir au Musée des beaux-arts. Nous ne devions pas le visiter mais à 1,5€, et avec l’impressionnante collection qu’il possède, nous avons décidé de la faire tout de même. Situé dans un ancien couvent du 17ème siècle, les œuvres sont affichées tantôt dans une salle tantôt dans une église reconvertie. Quelques jardins et cours ponctués d’azulejos nous sont aussi ouverts. Une belle visite! La première photo a été prise devant le musée, il s’agit du tronc d’un immense magnolia.

On descend ensuite vers les arènes que nous choisissons finalement de ne pas visiter, nous gravissons les marches de la Torre del Oro d’où nous avons une magnifique vue sur le fleuve et tout Séville.On passe devant l’Assemblée andalouse où le personnel s’occupe de retirer les nombreux drapeaux laissés par les manifestants.Le casino.

C’est au travers des producteurs d’huile d’olives venus manifester que nous atteignons la tant espérée Plaza de España. Un chef-d’œuvre! La cinquantaine de provinces espagnoles y est représentée, par des bancs, blasons et azuléjos. De toutes beauté! Des couleurs vibrantes! Un canal, des ponts tout aussi colorés, des lampadaires, et sous ses arches, un groupe de musiciens et des danseuses de flamenco 💃! Olé! Un des beaux moments de ce séjour à Séville!

Repos pendant l’heure morte et virée dans Triana en soirée!

« Triana, quartier de marins et de potiers, est aussi le berceau du flamenco. Sur la place del Altozano s’élève un monument en l’honneur de Juan Belmonte, figure célèbre de la tauromachie. Ne manquez pas la rue Betis, façade de Triana sur le Guadalquivir et, dans la rue Pureza, la chapelle des Marins et sa statue de la Vierge de l’Espérance de Triana, l’une des plus vénérées de Séville. Le quartier, devenu peu à peu un lieu à la mode, est idéal pour le tapeo, la tournée des bars à tapas. » Source : mon ami Michelin

Nous avons parcouru ce secteur en soirée. Très vivant, des boutiques de céramiques, des bijouteries axées sur le « religieux » et de nombreux bars à tapas. Nous en avons essayés quatre ce soir. Dans le premier, des épinards aux pois chiches et une caña de cerveza. Au second, vraiment sympathique, une autre caña et des crevettes géantes grillée. Plus loin, aux abords du Guadalquivir, un simple rafraîchissement au son d’un spectacle de flamenco. Pour terminer, un verdejo avec une portion de poissons frits. Notre tapeo complété, retour à pieds à la casa. Voilà qui complète notre savoureux séjour à Séville.

Demain, Hugues prend la roue pour nous mener à Trujillo en passant par Merida.

Hasta luego!

La démesure

Nous ne manquons jamais d’ambition lorsque vient le temps de visiter les attractions touristiques d’une ville. Armée de trois guides (Michelin, Lonely Planet et Cartoville), Mélanie ne laisse rien au hasard si ce n’est un détour par une ruelle. Elle adore quadriller rue par rue, secteur par secteur la grande espagnole qu’est Séville. Un objectif mais de multiples chemins, ce qui me laisse parfois épuisé contrairement à elle… Qu’elle énergie elle a!

Après une matinée grasse et repus, nous entamons la découverte du quartier Santa Cruz. Disposant de billets réservés d’avance, nous croyions avoir un programme double: la Catedral avec sa Giralda et le Real Alcázar. Surprise, les billets n’incluaient pas le premier édifice! Nous décidons de nous y aventurer tout de même avec deux heures à tuer avant notre plage réservée au Real Alcázar.

Grandiose comme toutes les cathédrales en Espagne mais particulièrement démesurée, on comprend qu’il faudra faire vite. Nous prenons immédiatement d’assaut la tour (Giralda) avec ses 34 rampes d’accès équivalentes à un édifice de 17 étages! Mélanie aime me faire suer en partant malgré la fraîche température! Quelle vue sur la ville cependant et le choix de l’escalader en premier nous évite de justesse les cohortes de touristes qui envahissent l’espace sain.

Surprise! L’église est partiellement en rénovation et le doux chant du marteau-piqueur qui nous poursuit depuis le début de notre aventure couvre le bruit des touristes qui parlent fort malgré les invitations au silence… Un grandiose chœur central au dôme magnifique, un autre ostensoir ostentatoire, des peintures et tableaux gigantesques, un orgue angélique dont les flûtes touchent le ciel, des vitraux lumineux et un retable des plus majestueux derrière l’autel principal caché par les échafauds nous émerveillent.

Cependant, la sépulture de Christophe Colomb, y serait exposée avec un degré de certitude loin de l’absolu. Si l’on se fie à l’audio guide, il pourrait y avoir eu un échange. Ce qui nous rappelle que nos racines reposent sur deux mystères : Colomb enterré probablement ici, et Champlain on ne sait où…Deux explorateurs marins, et beaucoup de « vague »

Au sortir de cette imposante Sévillane, on repère un banc à l’ombre pour casser la croûte que nous avions emportée avec nous. Requinqués, il nous reste quelques minutes pour explorer le quartier avant de nous présenter à l’heure indiquée. Nous débutons par la visite des appartements des rois. Une visite ultra contrôlée. Constamment, notre petit groupe de 15 intéressés, est accompagné de deux gardiens qui s’assurent que nous ne prenions aucune photo. Cette découverte est des plus agréables et se fait dans le silence, chacun ayant son audio guide. Nous sommes dirigés au travers de pièces somptueuses aux plafonds, murs, azuléjos, meubles de diverses époques. C’est un privilège de pouvoir rencontrer ces lieux originaux, un extra ($) bien investi! À noter qu’une partie non accessible est toujours visitée par la royauté. Un must si vous passez dans le coin.

Nous retournons à l’accueil pour récupérer les audio guides pour la grande visite générale. On débute par les multiplies pièces et cours. Toujours superbes, elles se succèdent en nous laissant bouche bée. Peu importe où le regard se pose, il note un détail nouveau. Ça prendrait des yeux tout le tour de la tête pour ne rien perdre, ou une semaine à s’y perdre encore et encore…

Les jardins, semblent souffrir de sécheresse, mais les arbres; magnolias, orangers, grenadiers, palmiers, resplendissent et nous procurent une fraîcheur agréable. De multiples fontaines et bassins, un labyrinthe, occupent le 4/5 de la surface totale de l’Alcázar.

Sur le chemin du retour, nous passons fouiller le Seville Records. On nous conseille quelques groupes locaux, que nous prenons le temps de découvrir sur notre petite terrasse en sirotant une Cruzcapo. Après une sieste qui aurait pu s’éterniser jusqu’à demain, les courses pour le souper. On s’offre de la vache espagnole, ça parle au « yable ». Heureusement, le crianza Gran Vendema 2016 sauve le tout!

En soupant à l’heure locale, 22 heures, le temps de nettoyer et compléter ce texte, on choisi de ne pas ressortir. Hugues aura beau dire que ma soif de découvrir est grande, je devine qu’il est préférable de la jouer sage ce soir!

Se fendre en deux

Après avoir parcouru quelque 200 km en autobus sur une route nationale des plus sinueuse et vallonneuse, traversé la Sierra Subbética, aperçu une série de villages blancs et des milliards d’oliviers, nous sommes finalement arrivés dans la capitale musulmane de l’Espagne, Córdoba. Pour citer Mélissa, ce n’est pas la chaleur de « La poêle de l’Espagne » qui a su nous ravigoter après cette « run » étourdissante! On arrive à 18h, ce qui est encore l’heure morte ici. Tout est fermé. Les cafés, bar, mercado et cie. On relaxe avant de se lancer vers la Plaza de la Corredara, seule grande place rectangulaire de l’Andalousie. Sous ses arcades, des dizaines de bars à tapas, tavernas et restaurants s’étendent en terrasse. On se balade un peu dans le quartier juif alentour pour y revenir et prendre une cerveza, des calamars et des aubergines frites au coulis de balsamique et miel. Notre taux de cholestérol vient d’en prendre pour son rhume!

Retour à notre appartement, trois chambres, grande douche, air climatisé donnant sur une charmante place. Une dernière cerveza sur cette place nous achève et c’est parti pour une petite nuitée!

Au réveil, direction la Mezquita. Nulle part ailleurs n’existe ce fantastique hybride architectural. Une cathédrale dans une mosquée et un minaret dans une tour. Qui dit mieux… ce n’est pas sans nous rappeler des débats toujours d’actualité! Le tout aux abords du quartier juif… Si les centaines de colonnes et d’arches semblent toutes différentes, rien n’enlève le sentiment de grandeur et de recueillement que l’on peut y ressentir. Toutefois, de tous les lieux religieux visités, c’est celui où les visiteurs respectent le moins le silence et le décorum de mise. Les ajouts et retraits de cette construction au fil des siècles ont contribué à rendre l’étonnant ensemble majestueux et unique à travers le monde. C’est une mixité d’éléments de tous siècles, de toutes époques et de religions confondues qui s’y mêlent. Le tabernacle se trouve au sein d’un ouvrage d’orfèvrerie incroyable et ouvre sur une salle aux trésors contenant calices, crosses, buste et reliquaires.

Entre la visite de la Mezquita et l’ascension du minaret autour duquel est élevé le clocher de la cathédrale, une omelette aux patates chez l’incontournable Santos!

Se fendre en deux, expression que l’on a inventé, signifie pour le touriste ici, vivre deux journées en une seule. En effet, quoique touristique, la ville semble compter plus de locaux et le rythme de vie est très marqué par la sieste ou la pause de l’après-midi entre 15h et 19h voire plus! Il faut donc visiter en avant-midi, se coucher et repartir le soir vers 20h pour manger ou prendre une bière. Pas facile de s’y plier!

Nous sommes donc aller marcher pour voir le pont romain et la cité historique de nouveau sous un éclairage différent. Le soleil se couche environ vers 22h, moment où les ruelles se remplissent de vie. En suivant la musique, car il y a un festival de guitares actuellement, nous pûmes assister à un concert classique mettant en vedette un guitariste espagnol hors-pair.

Il nous restait l’Alcazar de los Reyes Cristianos à visiter et ses magnifiques jardins. Situé tout près de la Mezquita, l’Alcázar est une forteresse médiévale donnant sur le Guadalquivir. Ce fut la résidence principale des rois catholiques. C’est dans cette résidence que Christophe Colomb a lancé à Ferdinand et Isabelle l’idée de la grande aventure vers l’ouest pour atteindre les Indes… Vous connaissez la suite! De ses quatre tours, nous ne pouvons visiter que la Tour des lions. Trop peu de surveillance et sans doute pas restaurée font en sorte que les lions sont maintenant à peine identifiables. La vue qu’elle nous offre sur ses jardins est toutefois fantastique. A l’intérieur, on y trouve une salle offrant de grandes mosaïques assez bien conservées retrouvées en 1959 sur la Plaza de la Corredara. Une grande cour appelée La cour des femmes qui était leur espace réservé à une époque où c’était une prison. Mais ce sont les jardins, bassins et fontaines qui valent le détour.

Pour conclure notre séjour dans cette cité qui nous a particulièrement charmés, une flamenquin dans une taverna recommandée par nos hôtes, la « El 6 ». Il nous avait vanté ce plat typique qui sans être mauvais gagnerait à être réalisé à la maison! Ce sont des escalopes de porc avec du jambon cru roulées, et panées! Servie avec quoi? Des frites! Le tout trop salé et comme d’habitude ici, sans trace de poivre!

Nous redescendons ensuite vers Séville que nous découvrirons pour les deux prochains jours. Au menu ce soir, une belle part de salade verte et des escalopes de poulet réalisée à la maison, bien poivrées et accompagnées d’un rosé local…

Demain, on se clanche le renommé Alcázar et une visite chez le réputé Séville Records, à deux pâtés de maison!

Buenas tardes!

« Dédaler » les ruelles!

De notre terrasse, l’Alhambra semblait à portée de pieds. Google nous annonçait moins de 30 minutes de marche et des indications au mètre près. Comme nous logeons dans l’Albacyn, elles ne furent d’aucune utilité. Se guider sur les étoiles en plein jour eut été plus judicieux, c’est tout dire. 58 minutes plus tard, à la suite d’une douzaine d’indications évasives andalouses, nous atteignons l’inaccessible étoile alors que nous avions perdu foi. Grenade et son dédales de ruelles labyrinthiques, enchaînant escaliers et pentes pas douces, a failli faire exploser nos caractères! Heureusement, nos capacités cardiaques atteintes, il ne nous était plus possible d’exprimer quoi que ce soit .

Pressés par le temps avec 30 minutes de retard sur la réservation de nos billets, des audio-guides plus tard, nous courrons vers le Palais des Nasrides. On ne comprends que trop tard que l’Alhambra est un domaine immense et vaste composé de plusieurs bâtiments vraiment espacés! Mélanie fait pitié un peu et un contrôleur nous laisse entrer dans ce qui se révèlera la plus majestueuse des maisons des rois. Les influences arabes sont omniprésentes dans les motifs, les dentelles et les couleurs des mosaïques et gravures, qu’elles soient dans le bois ou la pierre. Tout est géométrique, calculé, ce qui ne manque pas de plaire au prof de math en « nous »!

Mais qui écrit au fait!? Parfois lui, parfois elle. Souvent les deux… on trouve toujours du plaisir à le faire, c’est ce qui importe!

Revenons-en à nos impressions…

La succession de coups de cœur ne peut se transmettre aussi beaux peuvent être les mots et descriptions. Les constructions, jardins, tours, cours, rien ne vaut le Détour! Laissons parler quelques photos…

Depuis hier, nous avons exploré les quartiers de l’Albacyn. Un délirant amalgame de ruelles aux maisons blanches et trottoirs pavés de petites pierres alignées (c’est artistique, mais sûrement fabriqué par des esclaves vu la quantité) de cafés, bars à tapas et autres charmants commerces. On profite ce soir d’une terrasse brumisée pour prendre une cerveza et tapas. En effet, Grenade offre toujours un tapa lorsque l’on commande un verre! Nous aurions pu en profiter un peu plus, mais le souper, des pâtes maisons « alla Hugues » sont prévues avec du paprika pimenté! Excellent comme tout ce que fait Hugues… [dixit-il!]

Rosé et blogue pour une superbe fin de soirée!

Texte approuvé par nous deux!

En terminant, des conseils en vrac pour l’Alhambra:

  • De l’eau tu auras
  • En taxis tu te rendras
  • De l’énergie tu auras
  • Un lunch tu auras (quoique la cafétéria offre un menu acceptable et une vue des plus appréciables avec une vue sur les jardins du Generalife en particulier)
    Pour tes photos de mariage tu iras
    Un audio guide tu prendras
    Toute la journée tu prévoiras
    De bonnes chaussures te chausseront!

L’inoubliable Haute-Savoie

Ce matin, destination Yvoire. Un village médiéval fortifié du 12ème siècle! On y entre par l’une des deux portes à ogive pour y découvrir une quinzaine de rues et ruelles descendants vers le bord du Lac Léman, en passant par une place bucolique où trône un gigantesque platane procurant l’ombre nécessaire à presque toute l’entièreté de la place. Au fond, une petite église toute sobre, présente quelques vitraux aux couleurs particulières mais c’est son clocher rénové en 2012 et recouvert de tuiles d’inox et reflétant la lumière qui capte toute l’attention. Les commerces sont à chaque porte ou pas loin: restaurants, chapeliers, attrape-touristes, artisan du verre, herboriste, gourmandises locales pour ne nommer que ceux-là! Chez l’un d’eux, on goûte la boisson locale savoyarde, le génépi. Plutôt fort en alcool, autour de 40%, assez sucré, il est élaboré à partir de cette herbe qu’on ne trouve aujourd’hui presque plus à l’état sauvage mais il continue d’être cultivé pour la confection de l’alcool. On aura l’occasion d’en goûter deux autres variétés en soirée en compagnie de Michèle et Jean-François, dont l’un conçu par un ami, savoureux et plus goûteux.

Au port, à l’ombre, on se pose le temps d’un pique-nique préparé en grande partie par Michèle. Tout est là! Le jambon cru, le cuit, les tomates fraîches, le Beaufort et la tomme, les œufs, et cie. C’est paisible avec ces dizaines de voiliers reposants au port au son des gazouillis des martinets.

Notre champion-chauffeur nous ramène encore une fois tout doucement alors que nous n’avons qu’à profiter des paysages offerts sur le chemin du retour.

Une sauvette pour se rafraîchir, une bière, on discute de tout et de rien, chaque moment passé en leur compagnie est de qualité tout autant que ce qu’ils mettent sur la table et dans nos verres! On nous réserve à nouveau le top du top! En apéro, le Féra du Léman, pêché et fumé à froid par un ami de la famille, accompagné par un Crozes-Hermitage Les Voissières 2015. L’accord parfait avec le côté cru, frais et fumé de ce poisson qui semble se faire de plus en plus rare selon nos recherches.

S’en suit le foie gras des Pyrénées si je ne m’abuse. Celui-ci est savoureux et d’une délicatesse incroyable. Un demi-sec, Montlouis-sur-Loire, Domaine de Montoray, Vallée St-Martin 2017 savamment choisi par notre hôte l’accompagne. L’un et l’autre semblent se mettent en valeur. Une judicieuse sélection encore une fois!

Mais ce n’est pas terminé! De la pintade et un fantastique taboulé suivent. Cette fois, un Maranges 1er cru rouge, Les Clos Roussots du Domaine Edmond Monnot et fils. Décidément, cette dernière bouteille continue d’impressionner!

On roule déjà qu’on nous offre le Saint-Graal, un Roblechon d’alpage, bien fait, à point. Impossible de résister, même qu’on y revient…

Un dernière fois, Jean-François tente de prendre sa revanche aux dés, activité qui s’est installée depuis 3 soirs! C’est une fin de non-recevoir, impossible, ce jeux ne lui fait pas! C’est en septembre qu’on pourra vérifier si cette malchance lui colle toujours à la peau alors qu’ils visiteront le Québec pour une vingtième fois! S’ils l’ont adopté, notre pays, nous aussi avons adoptés ces deux êtres exceptionnels! Merci du fond cœur, Michèle et Jean-François, pour votre accueil, les échanges, les visites et tous les calories avec lesquels nous avons grand plaisir à repartir. Bon, on repart aussi avec une panoplie d’images et de souvenirs!

À bientôt!

Annecy-le-Neuf au 11e siècle, Le Vieil Annecy au 21e!

Avec les montagnes qui la surplombent, son lac éponyme d’un turquoise digne des mers des Caraïbes, son Canal Thiou qui la traverse, la vieille ville d’Annecy a de quoi charmer!

Nous débutons par l’ascension vers le château, anciennement château-fort du 12ème siècle, qui nous permet d’admirer la vieille ville et une partie de son lac. Les maisons sont imbriquées les unes dans les autres, les balcons fleuris. De là-haut, on peut bien observer les toits de tuiles.

Nous redescendons explorer les ruelles, ses places, passages et arcades avant de nous arrêter prendre un copieux goûter aux abords du Thiou. Biens repus, on s’avance vers le lac en profitant de l’ombre offerte par les arbres matures d’un joli parc.

Nos hôtes nous conduisent ensuite vers la Col de la Forclaz, à une altitude de 1147 mètres. C’est de là qu’on prend conscience de toute l’ampleur de ce majestueux Lac d’Annecy. Ici, en plus des parapentes, les deltaplanes s’en donnent à cœur joie! Les monchus (terme savoyard signifiant touriste) que nous sommes, apprécient chaque panorama offert.

On pique une tête (comme dirait l’autre!) au retour car la chaleur est encore accablante! Un peu de détente et hop, un cava s’invite pour faire la rioule (trouvez la signification sur le napperon pris en photo!). On ne voit plus la table tellement il y a à manger, et on accompagne le tout d’un Chassagne-Montrachet de la maison Sorine 2015, le blanc le plus savoureux que nous ayons eu la chance de goûter. Merci! Avec les fromages, un Saint-Émilion Grand Cru, Château Croix de Bertinat, 2012. Décidément, c’est trop affreux la vie ici…

Soudainement, le vent se lève, mais pas à peu près. On a tout juste le temps de tout rentrer, que le pluie s’en mêle. Pendant plus de deux heures, le vent, la pluie, la grêle même! Tout ça endommage le jardin, les fleurs jusqu’à des pièces de la cheminée.

On s’endort avec les bruit du vent et au réveil, c’est lumineux et frais!

La riposte française!

Samedi, la suite.

La famille Sany nous attendait de pied ferme avec un excellent blanc (Maranges 1er cru) pour accompagner la quiche lorraine maison et un rouge (Château Chaignaux Lalande de Pommerol) pour les fromages. Jean-François manifeste sa joie de nous accueillir en remplissant nos coupes constamment et en jasant sans arrêt jusqu’à tard! Le programme du lendemain promet! Nous sommes littéralement pris en charge ici…

Au lever, direction Le Brévent au pied duquel trône la vallée de Chamonix. Ce n’est pas le plus haut sommet des Aiguilles Rouges (Alpes) avec ses 2525 mètres mais il offre une vue imprenable sur le Massif du Mont-Blanc.

L’expérience du téléférique en soit est prenante car il nous conduit à 2000 mètres en peu de temps et dans un axe presque vertical! Nous avons compris en un instant ce que l’air de la montagne avait de ravigotant! Étourdis, nous mettons pied quelques 500 mètres plus haut en sortant de la cabine qui nous porte au sommet. La vue de tous côtés est à couper le souffle (déjà court) et le Mont blanc en face, on pourrait presque le toucher, reflète la lumière aveuglante de sa blancheur.

On se félicite intérieurement d’avoir décliné l’invitation pour l’Aiguille du midi quelques 1000 mètres plus haut encore offrant une attraction qui défit complètement le bon sens appelée « le pas dans le vide » (aller voir sur Google).

Nous n’étions pas au bout de nos peines car Jean-François s’était mis en tête de pique-niquer dans un endroit incongru sur le Brévent. Après une petite escalade à pied, il nous conduit sur un pic entouré de vide. Nous mangeons avec des papillons dans le ventre et une minutie de mouvement qui confine à l’inertie… Ils sont fous ces français!

Nous regardons les alpinistes encore plus fous que nous qui escaladent les pics environnants et nous ne manquons pas la fin du marathon qui aboutit à la station intermédiaire Planpraz en bas. Eh oui! Ce que nous avons franchi en téléférique, quelques 2000 malades le font en courant… Hugues s’est senti largué physiquement et ce ne sont pas les charcuteries de Jean-François qui vont y remédier! Saucisson de canard, rillettes de canard, saucisses savoyardes et jambon de Bayonne ne contribuent pas à l’athlétisme!

Y’a pas à dire, nous sommes reçus comme des rois et Jean-François l’exprime souvent : « ah, elle est pas facile la vie »! On comprend mieux ce qu’il veut dire quand on est choyés comme ça. Vous devinez comment se termine la journée non? Piscine car c’est la canicule ici et vin rosé, rouge d’Espagne que l’on a apporté pour terminer avec une chartreuse.