Location de voiture compliquée même si nous avions réservé de Québec il y a quelques mois par l’intermédiaire d’un courtier… Une belle Wolkswagon sport nous transporta le long des « autovia » où la limite affichée est souvent 120 km/h quoique peu respectée. Les autoroutes espagnoles sont lisses, ensoleillées et peu contrôlées. De Séville à Merida pour un arrêt historique aux ruines romaines principalement, une arène de gladiateurs et un théâtre où se tient encore de nos jours un festival annuel. Cher pour ce que c’est (et ça rappelle la Grèce) mais ça coupe la route jusqu’à Trujillo!



Enchanteur est le mot dès notre arrivée! Notre RBnB est dans le « vieux » s’il existe une autre partie de ville tellement les 9000 habitants ont tous l’air d’habiter ici. Une autre habitation weirdo de par la disposition des pièces mais charmante, bien équipée et chargée d’histoire. Souper maison, pas de powernap, et hop sur la grande place publique! C’est le centre d’intérêt avec ses multiples terrasses et les bâtiments patrimoniaux qui encadrent ce décor magique de soir! Des enfants s’amusent malgré l’heure tardive, des ados chillent près de l’église, des touristes boivent aux tabernas, l’Espagne quoi!
C’est le marché public en ce jeudi matin et plusieurs rues sont bloquées (une largeur de voiture) pour laisser place aux étals de cossins, de vêtements, de sous-vêtements, de chaussures et, dans le marché municipal, des fruits et légumes, poissons, viandes, charcuteries et autres produits frais. On en repart pas les mains vides avec un poisson blanc inconnu car on ne parle pas espagnol. On le divise pour en faire une part en ceviche sans coriandre car on ne trouve jamais d’herbes fraîches ici et un bout à la planchà en soirée.

Vroum vroum en char pour une ride vers Cáceres en passant par les petits villages (campagne profonde)… Nous avons l’air d’étranges qui ne passent pas inaperçus lorsqu’on voit quelqu’un. Quelques ruelles étroites dont certaines trop pour circuler en voiture, toujours une église mais pas grandiose et un enterrement à Valdefuegos. Bref, la route est agréable, fortuite et pittoresque. Dans les champs, des taureaux sauvages à l’ombre des oliviers. Enfin Cáceres! Un mélange de modernisme, de nouvelles constructions, et un accès à la colline alambiqué rappelant Grenade. De nombreux monuments historiques, tous religieux ou presque, trônent au sommet. La chaleur ne fait pas le poids face à la climatisation de la voiture et c’est un retour à Trujillo et ses 40 degrés affichés qui nous motive.




Une balade nous amène vers le cœur de Trujillo, on longe ses remparts, on visite sa principale église d’où un pigeon tente désespérément de sortir. On se retrouve dans un planétarium gonflant (comme une structure de jeux gonflable pour enfant dont on entend ronronner le ventilateur tout au long du film et qu’ils doivent arroser par l’extérieur pour refroidir la tente…) pour une projection sur l’arrivée de la vie sur terre… Kitsch mais drôle! On décide d’encourager une multitude de commerces locaux en achetant du pain (jamais très bon d’ailleurs), du vin blanc et des couteaux d’office Victorinox dentelés (introuvables depuis un bout au Québec; on soupçonne d’ailleurs une balance de stock!) La ville semble avoir été grandiose autrefois si l’on considère le nombre de commerces fermés, le nombre de locaux à louer ou à vendre et l’état de décrépitude général des bâtiments que seuls les pigeons occupent désormais. Même la fontaine centrale n’a plus de jet d’eau et ressemble à une flaque croupissante… Ça ne semble pas une destination prisée des voyageurs non plus et se faire servir ou comprendre en anglais est utopique même au bureau d’information touristique… Triste et romantique à la fois. D’après nos lectures, il y a ici une réserve renommée d’oiseaux. On les voit danser dans notre bout de ciel, mais surtout, on les entend. Des cigognes, oiseaux de proie, martinets, hirondelles, pour ne nommer que ceux que nous parvenons à identifier, sans parler des pigeons et tourterelles bien entendu.

Il fait toujours chaud à 23h et nous retournons à la Plaza Major pour un gin tonic avant le dodo, on reprend la route demain pour une étape à Tolède direction Madrid. Il n’y avait pas âme qui vive lorsque nous avons fait nos commissions vers 19h comme si la chaleur avait des propriétés anesthésiantes sur les habitants et les touristes. Se promener dans les entrelacs de ruelles un jour de canicule à l’heure où tout est fermé donne une excellente idée d’un monde apocalyptique de guerre nucléaire ou zombiesque car nous sommes seuls au monde dans ce bled perdu… On aime beaucoup!
