Saragosse, Zaragoza pour les intimes, ne se voulait au départ qu’une étape nous rapprochant de Barcelone. Un objectif intermédiaire qui coupe la « run » en deux quoi! Nous la croyions banale, par manque de lecture principalement et par désintérêt ayant vue les grandes villes.
Quelques coins de rues suffisent à nous surprendre. C’est beau, propre, sympathique avec une magnifique grande place. Le vieux Zaragoza, principalement piétonnier, avec une longue rue bordée de boutiques est encerclé par une grande avenue qui borde l’Èbre, fleuve qui coupe la ville en deux que l’on peut traverser sur le magnifique El Puente de la Piedra.
Les nombreuses « Plaza », la verdure et les arbres omniprésents, des cafés et tabernas, dont l’illustre Flor de la Sierra, où nous avons soupé, nous ont charmés. Une ville équilibrée à hauteur d’homme comme on les aime… Parmi les églises, la Basilique de Nuestra Señora del Pilar vaut le détour pour ses coupoles aux tuiles colorées et le pilier où la Vierge Marie aurait posé le pied lors d’une apparition à Saint-Jacques en l’an 40. C’est un incontournable de ce lieu de culte car on peut toucher une partie de cette colonne creusée par les nombreux baisers et touchers des pieux qui s’y recueillent.



Côtoyant la Plaza de cette basilique, la Plaza de la Seo, du nom de la cathédrale de Saragosse. D’un bout à l’autre ça donne une gigantesque place au bout de laquelle on trouve une belle fontaine. Tout autour, des boutiques, des restaurants et des magnolias. Une ville qui nous a séduit malgré le trop court séjour… On sent qu’elle a des secrets et des charmes à révéler encore!


Direction Montserrat le lendemain matin pour vivre au rythme des moines bénédictins dans leur enceinte sacrée abritant la Moreneta (vierge noire). La route en montagne nous replonge tout droit en Grèce deux ans plutôt avec ses courbes folles et ses dénivelés hallucinants! Au détour de la route, apparition lumineuse des pics en forme de «doigts» couleur sable trônant au sommet de la montagne sacrée. Fabuleux! Plusieurs poètes et artisans ont été inspirés par ces formes dont Gaudi (encore et toujours).





Quelques étourdissements et détours plus tard, on s’aperçoit que le site est très fréquenté par les touristes, mais admirablement aménagé. L’hôtel du monastère est au bout de la route, au coeur de la place centrale, et offre une vue plus que superbe sur les environs. Un incontournable dès les premières secondes et nous n’exagérons pas! Ayant profité d’une formule « tout inclus », nous sommes gavés comme des oies lors du dîner, du souper et du petit déjeuner. Nous ne nous attendions pas à trouver un restaurant gastronomique ici! Le dîner nous a scié les jambes littéralement car nous espérions un buffet ou une sandwich, mais pas un trois services avec crêpes de fruits de mer et gaspacho particulière en entrée, ragoût de lapin et joue de porc avec l’os de la mâchoire comme plat principaux et fondant au chocolat en dessert… Bref, orgie de bouffe et orgie visuelle du décor enchanteur. Franchement, pour environ 150$ canadiens, on ne peut trouver mieux avec en prime un cadre idyllique. Nous assistons aux vêpres le soir même et aux « laudes » très tôt le lendemain matin. Un privilège d’entendre leurs chants et se recueillir à notre manière pour profiter de nos derniers moments en terre espagnole. 



À noter, la sculpture trônant dans la cour intérieure du monastère, plutôt moderne, mais qui se fond harmonieusement avec l’histoire du lieu.
Cette dernière découverte met un terme à notre sommaire tour de l’Espagne qui nous invite à revenir fouler les sols de ses côtes et frontières avec la France et le Portugal…
