Jour 4 – Petit Tram va loin

On recommence une autre superbe journée tout en montant les innombrables ruelles et escaliers de la capitale pour éventuellement atteindre le Castel San Jorge. Tout près de chez nous (et puisque chaque pause dans la montée est salvatrice), se trouve la Sé de Lisbonne (cathédrale) dont une partie de la facade est en réparation malheureusement.

À l’intérieur, c’est magnifique comme en témoigne les photos, mais c’est à l’étage que se trouve le trésor! Un vrai: costumes d’évêques tissés de fils d’or, coffre en écailles de nacre pur ou en argent massif (genre qu’on ne peut le lever à deux), des outils cérémoniaux en or plein, une crosse épiscopale et, pourquoi pas, une toque papale sertie d’innombrables pierres précieuses (on ne pouvait rien photographier). La pièce qui sert de salle de réunion (? Tout est rédigé portugais et on ne comprend rien) présentent un extraordinaire mobilier en bois massif et des tapisseries au mur presque partout. Or, c’est à ce moment que débarque une gang de jeunes bruyants et hautement intéressés par le contenu de leur cellulaire plutôt que par l’histoire et le sacré des lieux. Ça tombe à pique, nous avons presque terminé la visite si ce n’est des nombreuses alcoves derrière le chœur.

Nous n’étions toujours pas embarqués à bord d’un tramway (le funiculaire ne compte pas!) et le mythique no28 jaune tout en bois nous a cueillis au passage. Le tramway, ça roule? Oui, mais ça grince pas mal, ça stop net, et la vitesse est tributaire de tout ce qui se trouve dans le chemin: voitures, piétons, camions de livraison, tuk-tuk et tutti quanti! On a fait un bout dans ce magnifique véhicule d’époque avant de débarquer au bout de la ligne où plusieurs personnes à la queue leu leu attendaient d’y grimper.

Le GPS n’affichait que quelques minutes de marches pour arriver au Castel , mais c’;était sans compter les détours des ruelles et les montées royales! C’est que le Roi, après le tremblement de terre de 1755 ( et le tsunami qui s’en suivit) fit ériger sa demeure qu’il occupa pendant 20 ans au plus haut point de Lisbonne (probablement). Misère… suants, nous arrivâmes au cœur de ce minuscule quartier devenu touristique par la force des choses. Il y a du monde, une énorme file pour entrer au Castel dont les frais d’entrée ne sont pas couverts par la Lisboa card… bof, on assume que l’on peut s’en passer. Nous déambulons donc dans les rues du quartier parsemées d’innombrables boutiques pour quitter peu de temps après. On redescend à pied vers chez nous en laissant le hasard nous guider.

Un petit bar, le Crafty Corner, qui tient des bières de micro-brasseries portugaises et dont les portes béantes invitent à rendre les armes réussit à nous faire plier le coude le temps d’un p’tit verre.

On retrouve notre quartier et le libanais du coin pour un shish taouk et des falafels, bien nappés de sauce à l’ail et piquante. Repos et blogue à l’appartement puis Musée du fado pour en apprendre davantage sur les origines de ce chant typique portugais qui a autrefois suscité les controverses et définit bien l’identité de la riche culture portugaise. Taper « fado » dans Spotify et la première playlist contient tous les grands noms du genre. Bonne écoute!

On se prend une petite sangria sur la terrasse de la jolie placette qui se trouve à la sortie du musée pour écrire un peu. On rapporte à l’appartement notre équipement de blogueurs, on essaie de se mettre sur notre 31 pour notre dernière soirée dans la capitale portugaise puis on part s’installer dans au « A Muralha Tapas e Vinhos », un bar à vin et tapas. On croyait pouvoir s’y faire recommander des vins mais on est mal tombés! On y est allé « au pif » en essayant des régions différentes. Pour accompagner le vin, on commande un plateau de charcuteries fumées et un autre de fromages du pays. On se raconte des histoires en disant qu’avec la marche, ces calories seront vite évaporées…

Rassurez-vous, on est repartis avec un « doggy bag »!

C’est ce qui termine notre première étape portugaise. Une dernière nuit et demain, on prend un vol pour Genève! Boa noite!

Belem et cie – jour 3

Si la Lisboa Card donne accès gratuitement au transport en commun, ça ne le rend pas plus facile… On a donc commandé un Uber pour partir de l’Alfama au quartier Bélem. Le chauffeur nous a confirmé qu’il ne faut pas se fier aux horaires, il peut y avoir jusqu’à une heure de décalage alors imaginez lorsque le déplacement implique des correspondances…

Premier arrêt, le Mosteiro dos Jerõnimos. Arrivés à l’heure d’ouverture, la queue est déjà impressionnante. Fort heureusement, nos Lisboa Card nous évite l’achat de tickets. L’attente d’une heure en vaut la peine et donne à Hugues le temps qu’il faut pour aller acheter des pasteis de Bélem à la renommée pâtisserie du même nom. Ça croustille, c’est trop bon et ça bouche un coin!

En résumé, l’édifice est érigé à la gloire de la monarchie en 1502 par Manuel I grâce à l’argent du commerce des épices. Tous les plus grands massons de l’époque ont apporté leur contribution à cet ouvrage : dentelles de pierre, motifs floraux et marins. Un ensemble harmonieux, assez bien conservé. Le soleil est toujours de la partie, question de magnifier l’histoire davantage.

En sortant du monastère, on se demande par où entrer dans l’Église attenante et le type de la sécurité nous indique une autre file pour y entrer. On apprendra cette journée-là que les lisboètes sont friands des doubles files.

On casse la croûte dans un boui-boui local, très correct. Prochaine direction? La Tour de Bélem. D’abord, on marche sur les larges trottoirs sous un soleil de plomb et on traverse sous l’autoroute. On fait un arrêt au Padrão dos Descobrimentos, immense caravelle de béton rendant hommage aux Découvertes. On se tape une file pour profiter de l’ascenseur qui nous mène à sa petite plateforme nous offrant une vue à 360 degrés.

Un autre 10-15 minutes au soleil et une nouvelle file, toujours sous le soleil, pour entrer dans la belle Tour de Bélem par le pont de bois. On atteint un premier palier extérieur; c’est beau, on fait le tour puis on réalise qu’on doit à nouveau faire la file pour monter au prochain balcon. C’est ainsi pour les 2 autres étages. On a fini par comprendre qu’aussitôt arrivés au nouvel étage, on gagnait à se remettre aussitôt dans la file… Une maudite chance, quand on réussit à reprendre l’escalier en colimaçon pour redescendre, c’est tout d’un coup tel une chasse de toilette.

Bélem, c’est beau, mais c’est loin en titi de l’Alfama. On a marché encore un peu et on a fini par céder à l’infâme tentation nommée Uber. Retour à l’appartement, repos et écriture du jour 1.

Frais et bien disposés à marcher, encore, nous partons doucement, en gougoune cette fois, pour le Bairro Alto où nous allons souligner l’anniversaire de Hugues, dans un charmant restaurant avec spectacle de fado, recommandé par des amis. Belle, belle soirée et retour tranquille à la maison, la soirée est douce. Seule déception, Hugues n’a pas eu son gâteau au chocolat…

Run de lait – jour 1.5

Si on sait que dans la vie tout ne va pas toujours comme on veut, nous en avons fait l’expérience. Après avoir enregistré nos bagages, nous passons les douanes, l’aéroport est vide, le bar est sur le point de fermer mais on nous laisse entrer sous nos supplications. On entame une partie de dés, on descend une bière, une autre partie de dés et BANG, un texto nous informe que notre vol à destination de Toronto est reporté, ce qui nous ferait manquer notre correspondance pour Lisbonne. Deux options: retourner chez nous et prendre le vol du lendemain ou faire la run de lait, Québec-Montréal, Montréal-Londres, Londres-Lisbonne… L’idée de rebrousser chemin et perdre une nuit et une journée à Lisbonne nous incite à choisir la run de lait. C’est ainsi qu’ont commencées nos aventures!

C’est donc 18 heures plus tard que le dernier avion foule le tarmac lisboète. Notre première offrande touristique fut pour le taxi. Heureusement que l’aéroport est tout près. Un type sympathique mais « opportuniste »…

Même s’il est microscopique, on trouve aisément notre appartement. Bien situé dans l’Alfama, dans un fouillis de « Beco », ce qui signifie ruelle.

Une pause est nécessaire – douche et sieste – avant de grimper un peu au hasard des pavés. On comprend rapidement l’insistance de tous les guides concernant le port de bonnes chaussures. On « croise » le Panteão Nacional – fermé en ce dimanche, le Campo de Santa Clara, le Mosteiro de São Vicente de Fora, l’Église et le couvent da Graça et « tant qu’à y être », on pousse la montée jusqu’au Miradouro da Senhora do Monte. C’est sublime, ça sent le printemps à plein nez, les gens sont « cool », ça fume, ça flâne, ça admire la vue, ça chante et ça prend un verre. Hum… prendre un verre! Ils sont nombreux à remonter d’on ne sait (pas encore!) où avec un drink ou une bière. On ose l’étroit escalier d’où ils émergent et on découvre, palier par palier, le « Secret Garden ». Perché à flan de colline, ce lieu inusité accueille fort probablement de jeunes habitués, mais on s’y trouve une table, d’où la vue et le vent sont à couper le souffle.

Une succulente et particulière sangria plus tard, on déboule, remonte et aboule au Santa Clara dos Cogumelos SC⚡️DC. Leur spécialité? Les champignons!! On y déguste un œuf parfait à la truffe, des gambas, de la morue et des steaks de portobellos, puis on chapeaute le tout d’une crème brûlée aux truffes. Agréable moment avec la rencontre d’un couple de madelinots fort charmants! Au plaisir de vous visiter Alfred et Vanessa!

Une courte descente nous ramène au bercail du séjour et une bonne nuit s’en suit! Nous prendrons un rythme d’écriture plus soutenu, c’est promis!