Par la peau des dents

C’est par une course, une vraie, contre la montre qu’aura débutée cette aventure!

C’est après un retard de quelque 45 minutes au départ de Qc et après avoir finalement dû enregistrer nos bagages qu’on atterrit à Toronto avec l’espoir de ne pas rater notre correspondance vers Bogota. Le temps passe et notre avion reste immobile sur le tarmac le temps d’accéder à sa rampe. Il reste moins de 40 minutes pour sortir de l’avion et parcourir à la course, Nathalie en tête, suivie de moi-même qui porte le sac à couche d’une jeune maman, la distance entre les deux terminaux. Elle tente elle aussi d’attraper le vol avec sa petite de 14 mois, qui ne comprend pas trop cette course folle et qui se fait bardasser dans les bras de sa maman qui court aussi. On sauve un bout de la course grâce à Nath qui hèle une dame sur ton tuk-tuk d’aéroport et qui accepte de nous emmener pour un bout du chemin. Elle nous dépose et on court un autre kilomètre dans cet immense aéroport torontois. On arrive en nage, à bout de souffle, rouges comme des tomates au comptoir. C’est ainsi que, par la peau des dents, nous attrapons notre vol.

C’est inhumain de faire vivre ce stress, évitable, à des passagers qui ont payé leurs droits et planifié amplement de temps selon l’horaire annoncé entre les vols. Sérieusement, ils auraient eu tout le loisir d’identifier les personnes pressées par une correspondance, nous faire sortir en priorité et nous offrir d’ores et déjà de nous escorter sur leur petit bogey. C’est un grand et déplorable manque d’organisation. Ils devraient identifier les gens, particulièrement ceux avec de jeunes enfants. Avec son sac à couches sur le dos, elle n’y serait sans doute pas arrivé.

Après un deuxième vol s’étant tout de même bien déroulé, hormis les ronflements d’un voisin, nous voici donc en attente de nos valises à Bogotá

Attente qui se transforme en déclaration de perte de bagages… Et oui! Nos bagages sont à Toronto et ils « seraient ou seront » livrés à notre hôtel le lendemain ou le surlendemain de leur arrivée dans la capitale colombienne.

Priorité mon c-u-l Air Canada

Shit de merde… On reste zen et on prend notre troisième et dernier vol, pour Armenia, à l’heure prévue. Ça se passe bien, on aperçoit déjà les montagnes. On demande le prix pour un taxi jusqu’à notre destination, Salento. C’est 100 000 pesos colombiens, soit 32,50 pour nous deux, environ une heure de route. Dès le « décollage », on comprend que la route sera rock & roll! On traverse Armenia et d’autres villages qui semblent assez démunis. On emprunte une route où la limite inscrite est de 60 maximum mais l’auto va à tout près de 120km/h! 🙂 On va arriver plus vite sans bagage! On devine nos premiers palmiers de cire, les montagnes sont majestueuses, on est en plein cœur de la région du café.

Le gentil German Taxi nous dépose à la place centrale de Salento! C’est hyper mignon! Sachant en partant que notre chambre ne sera pas prête avant quelques heures, on prend un premier café en terre colombienne. Il n’est pas encore 9 heures, et les Jeeps attendent les clients pour les amener dans les fincas du coin, dans la Vallée de Cocora ou d’autres attractions du secteur. Après avoir allumé notre premier lampion, on se balade un peu en direction de l’hôtel, espérant un miracle. Il se réalise à moitié car on peut profiter du petit-déjeuner offert aux clients en observant les montagnes qui nous entourent. La chambre sera prête à midi. On décide d’aller faire du shopping, les 240 marches pour accéder au mirador attendront après un peu de repos et peut-être, des vêtements plus adéquats car au soleil, c’est chaud en ti-péché!

Nouveau café, un cappuccino, saupoudré d’un soupçon de cannelle, que l’on prend au El Balcon de los Recuerdos. Il est réalisé par l’un des patrons, « tio » de la serveuse, avec une machine qui œuvre depuis 1905. C’est Routard qui nous donne cette info!

Retour à l’hôtel, on prend possession de notre chambre! Petit dodo au son des coqs.

Réveil par l’orage…

Sur ce, on retourne allumer des lampions parce qu’avec ce que vous voyez sur ces deux photos et ce qu’on a sur le dos, on ne fera pas 3 semaines et demie! Hasta pronto!

Allô la Colombie!

À 47 ans, j’ai eu le privilège de voir plusieurs pays européens, de faire de magnifiques escapades dans mon pays, le Québec, quelques virées au Canada, aux États-Unis et quelques « tout inclus » dans les Caraïbes. L’Amérique du Sud n’avait pas encore fait partie de mes plans et je ne croyais à priori pas repartir cet automne. Mais la soif inextinguible de voyager, pendant que j’ai le temps de le faire, s’est pointée le bout du nez vers la fin de l’été. Ma « complice » de l’automne dernier, Nathalie, m’a en effet relancée en me faisant miroiter la route des vins de la Loire.

Si c’était tentant, le budget n’était pas au rendez-vous! On s’est mises à surveiller les vols pas chers, les pays où c’était « bon marché » de voyager, manger, se loger et se déplacer. C’est ainsi que la Colombie s’est imposée. Bien sûr, on a validé le niveau de dangerosité! Mais on a aussi fait plusieurs lectures, consulté plusieurs personnes qui ont visité et adopté ce peuple et ce pays, son Histoire et ses cultures – et son vin car il semblerait qu’ils en produisent de savoureux! Nous suivrons les recommandations à la lettre et ne sortirons pas trop des sentiers battus.

Si vous nous avez suivies, Nathalie et moi, en France à l’automne 2022, vous devez vous rappeler à quel point on a eu froid. Lors de ce voyage-ci, ce devrait plutôt être l’inverse!

Nous partirons donc, sac au dos, le 22 octobre prochain pour la Colombie, où nous nous découvrirons 3 régions : Medellín et la zona cafetera (région des cafés), la côte caribéenne et nous terminerons avec la capitale, Bogotá. Jamais un itinéraire n’a été aussi laborieux à établir! En Colombie, les distances se calculent en effet en temps et non en kilomètres. Ainsi, il faut parfois mettre 5-6 heures voire davantage pour franchir 200 km… On a donc fait des compromis, des changements, des lectures, des calculs et on croit avoir trouvé un itinéraire vraiment charmant et efficace qui nous permettra de faire une première belle virée dans ce grand pays.

En attendant les photos de Nathalie, quelques clichés empruntés…