Paraskevidékatriaphobie

Fort heureusement, nous n’en souffrons point.

Point de peurs en cette journée chers lecteurs, le soleil et la mer pouvant toutes les apaiser.

En prime, plus nous descendons dans la campagne qui longe cette Côte Est, plus nous apprécions ses paysages. En ce temps de l’année, les couleurs des arbres, contrastant avec les verts des foins des marais et les bleus des lagunes, nous séduisent assurément. Nous sommes émerveillés, autant par les nuances offertes par la nature que par celles des maisons en déclin de bois, roses, vertes, jaunes, bleues, etc.

En partant de notre hôtel, nous faisons un « croche » pour voir le Mémorial Monument de Hampton Beach. La plage est superbe, le sable est beau, propre, sans parler du soleil toujours au rendez-vous. Hampton Beach semble s’être inspirée d’Old Orchard Beach, en version réduite et probablement moins criarde et touristique. Ceci dit, en cette basse saison, c’est difficile à dire!

Nous réempruntons la « 1 » en direction du Cape Ann. Ipswich nous invite dans un café où l’on nous sert, enfin, un bon cappuccino, dégusté sous un soleil ardent. Cette petite bourgade nous apparaît charmante mais il nous reste de la route à faire et une croûte à casser… On s’arrête un brin plus loin, à Essex, dans une charmante « usine » à casse-croûte où tout est frit ou presque. En spécial aujourd’hui, le fish sandwich, servi avec quoi? Des frites! Et de la sauce tartare. Le tout pour 9,95$. On ne s’attendait pas à grand-chose mais le poisson était vraiment bon!!

On fait quelques pas pour explorer les environs, c’est bien aménagé mais rien de grandiose à découvrir. On s’écrase le sandwich dans l’auto pour rejoindre la Wingaersheek Beach où le vent attire les kite surfers! C’est sublime! Le sable est d’une finesse, tellement dense que malgré notre poids post friture, on voit à peine nos empreintes! 😉

Déjà déchaussée, j’ose une nouvelle fois la baignade de pieds. C’est un tantinet moins « frette » mais rien de tolérable plus que 30 secondes… Pour l’occasion, on a sorti nos chaises et on profite un moment de la beauté de lieux.

On reprend la 127 vers Rockport, Massachusetts. C’est trop mignon! On craque pour ce mini bourg bordant la mer, quelques rues piétonnes sont jonchées de galeries d’art et boutiques offrant divers produits plus ou moins intéressants ou juste beaucoup trop cher pour ce que c’est, faut se le dire!

En fin de virée, on cherche un endroit pour prendre une bière et apprécier le coucher de soleil. On demande à un local et il nous répond que c’est rare dans le coin car ce n’est que depuis une quinzaine d’années que l’alcool est permis à Rockport. Des lectures nous confirment que Rockport était l’une des « dry towns » du Massachusetts. Elle a permis l’alcool dans les restaurants en 2006 mais il a fallu attendre 2011 pour pouvoir commander un verre sans un repas… On bat en retraite et on trouve un liquor store où l’on se procure un New England IPA de Ipswich.

Arrivés à notre hôtel pour les deux dernières nuits de notre séjour en Nouvelle-Anglerre, on est subjugués par la vue! À vous de constater à travers ces nombreux et somptueux clichés saisis par Hugues. Un couché de soleil parfait, tout simple, de notre petit balcon d’un hôtel-motel très vieux mais propre!

On a trouvé un restaurant ouvert à une dizaine de minutes de voiture, le Passeport. Notre meilleur repas, sans friture. Du flétan pour Hugues, de la morue pour Mélanie. Juste du frais, juste du vrai…

De Rockland à Porto Rico

Reprise de la visite de Rockland ce matin à la lumière d’un jour, au sec. Après avoir fait le tour des points de vue de Rockland, on fait une agréable marche le long du brise-vague s’étendant dans la Penobscot Bay. Les touristes avancent en une longue procession et tous ne partent pas de la plage. Certains se font déposer sur le quai depuis le bateau de croisière! Des Allemands, à en juger par l’accent.

Au départ, c’est nuageux mais grâce à la « prière » de Mélanie, une belle éclaircie arrive en milieu de route. Cette balade de plus de deux kilomètres nous offre différents points de vue sur la mer, la ville et la baie. C’est comme marcher en plein milieu de l’océan sur d’immenses blocs de granit!

En reprenant la route direction Portland, on s’arrête au Owl’s Head Light. Il s’agit d’un phare avec maison de gardien et une splendide vue. Une courte marche car on peut y accéder partiellement en voiture (un peu comme tous les endroits ici, culture du char oblige)!

Comme on a lambiné un brin ce matin, on casse la croûte au Ka Chaï Thaï Street Food de Thomaston avec de reprendre la route #1 pour aboutir à Portland. Enfin, Mélanie l’aura eue sa soupe thaïlandaise! Très beau, propre avec une propriétaire fort sympathique.

Arrivés au Maine Center Information, une gentille dame nous partage ses suggestions! On découvre ainsi Portland à travers ses jolies rues, commerces, restaurants et les huîtres du restaurant Eventide! Deux quartiers se côtoient, celui des galeries et celui du vieux port. Ce sont les deux que nous parcourons à pieds facilement. Fait remarquable, les piétons sont maîtres en ville et il suffit de mettre le pied sur les lignes de traverse pour que les voitures s’arrêtent en tout temps.

Portland est charmante, cool, bien assaisonnée! Un peu de cool, un peu de piquant, un peu de doux. On tombe sous le charme. Un fort joli parc dans un quartier visiblement cossu offre une incroyable vue sur toutes les presqu’îles, l’océan et ses méandres et le fort Gorges écrasant toute son île. Pour le souper, on cherche quelque chose d’autre que les chowders et lobster roll, sans vouloir un genre particulier. On croise la terrasse et la vitrine du Papi, restaurant portoricain et on cède, un peu fatigués.

Mais quelle heureuse « impulsion »!!! La bouffe est extra, le service fabuleux et Hugues, qui goûte un des somptueux cocktails, est conquis! Le Old Fashioned arrive sous couvert de rhum, une révélation! AAA

Un petit 20 minutes de routes nous sépare d’un hôtel de Scarborough où les chambres étaient vraiment plus abordables… Demain?

Portsmouth!

Les petits quittent le nid!


Par essence, un road trip implique un char, un désir et une part de hasard. C’est donc plus ou moins préparés que nous avions quitté notre Beauce. Un itinéraire prévu certes, mais pas de lectures approfondies ni de réservations pour des activités. On comprend qu’à Barcelone il faille absolument réserver notre visite de la Sagrada Familia avant d’y aller. Au Parc de la Jacques Cartier, tu te dis qu’il y a toujours de la place sauf en de rares moments. Le Acadia National Park demande réservation pour se rendre au sommet du Mont Cadillac en plus des frais d’admission… Et une demie-journée ne semble pas assez pour profiter des pistes de randonnée. On reviendra vaincre ses plus hauts sommets, bien équipés et mieux préparés. Un touriste averti en vaut 2!

Direction Belfast par la nationale 1! On traverse le pont Penobscot Narrow Bridge dont l’ancêtre, appelé le Waldo-Hancock et rappelant la structure du pont Pierre-Laporte, fut érigé en 1931. Fait incroyable : en 2003, 308 câbles furent déclarés abimés, il ne fallut que 3 ans pour construire son successeur à côté sans arrêt de service. Une leçon à tirer pour le Québec!

Un arrêt imprévu mais fort charmant à la Sandy Point Beach offre un point de vue magnifique sur la Penobscot River ainsi qu’un petit sentier en boucle dans les bois que nous avons parcouru sous le soleil.


Nous rejoignons Belfast qui se parcoure en un temps trois mouvements, mais la Three Tides & Marshall Wharf Brewery offre une terrasse originale rappelant les armatures de bateaux. Un feu dans une cuve, une chaudrée au homard pimentée et une « pale ale » ainsi qu’une « gose » nous font passer un excellent moment.


On reprend la route après avoir parcouru le Harbor Walk qui offre une vue sur l’ensemble du port de Belfast. En direction de Camden, on s’arrête à Lincolnville, au McLaughlin’s Lobster shack pour combler le petit creux restant. C’est un boui-boui de homard sur le bord de la grève. On savoure le lobster roll et le sandwich aux clams frites (très basiques) car ils ne sont pas donnés, comme nulle part sur la côte d’ailleurs! On le paie moins cher à Québec…

Un arrêt à Camden nous laisse entrevoir de quoi sont faits les villages portuaires du Maine. Une rue principale garnie de boutiques, plusieurs allées vers le port, les bateaux et le paysage marin. On croise cependant la route d’un marchand de vin fort sympathique qui nous coupe du saucisson, du fromage et nous suggère une bouteille de pinot noir de la Willamette Valley. Quel magnifique caviste qui tient une quantité impressionnante de vins français, australiens, américains et j’en passe!

On aboutit à Rockland, juste à temps pour cueillir une baguette à la boulangerie près de notre hôtel, le Trade Winds Inn. On s’enregistre et on découvre notre chambre. Un peu de repos et comme on a déjà un peu de bouffe, on pense ne sortir que pour l’apéro en espérant engloutir quelques huîtres au resto recommandé. Pas de bol, c’est fermé, tout comme le seront la majorité des endroits ce soir! Après une bonne marche à la recherche d’un restaurant suggéré par un client d’un pub où les « chicken wings » sont soit-disant « awesome », on ne le trouve pas ou bien il est fermé, on s’affale dans le seul endroit où l’on trouve une place et un repas chaud. Les huîtres se transforment en steak, purée de pommes de terres, légumes et c’est réconfortant d’autant que dehors, le pluie tombe.