Je sais, il y a de quoi s’y perdre. L’orthographe de cette ville change d’une langue à l’autre : en français on écrit Gand, en néerlandais Gent et en anglais Ghent. Je vous passe les versions italienne, espagnole, portugaise, polonaise et cyrillique. Sans parler de la prononciation : imaginez quelqu’un qui s’éclaircit la gorge en disant « rhentt ». Voilà, vous y êtes!

Gand se trouve dans la partie flamande de la Belgique, où l’on parle néerlandais. Les plus vieux (mettons de la génération X en montant) se débrouillent parfois en français, mais les jeunes, pas du tout.

On a donc entrepris de visiter Gand à l’aide de la City Card dont on vous parlait hier. Nous sommes mercredi et plusieurs sites sont fermés aujourd’hui. Nous ciblons donc quelques lieux : l’abbaye Saint-Bavon, le Petit Béguinage, l’abbaye Saint-Pierre, le Musée des Beaux-Arts, une virée en bateau et quelques églises croisées au passage.

Premier arrêt : l’abbaye Saint-Bavon. Ce n’est pas celle que nous pensions : celle qui se visite, c’est la cathédrale. Celle devant nous est un tas de ruines, d’intérêt historique certes, mais on en fait le tour en moins de temps qu’il en faut pour apprendre à prononcer Gand correctement!

On poursuit notre route vers une autre église, dont on fait le tour sans trouver une porte ouverte : elle est en réparation. Pas de bol. Le trajet en valait toutefois la peine et la lumière du matin est splendide.

On atteint le Petit Béguinage : petit de nom, pas de taille! Très différent de celui d’Amsterdam, mais tout de même joli et intéressant. Il est aujourd’hui transformé en logements sociaux, et l’église est fermée, donc inaccessible elle aussi. À ce troisième cadenas, on commence à se demander si la City Card ne serait pas plutôt une carte des portes closes!

On va à l’abbaye Saint-Pierre, et la visite est brève là aussi : on peut faire le tour du corridor, mais c’est sans grand intérêt, exceptés les jardins et sa voisine l’église St-Pierre.

Une exposition retient toutefois notre attention : la présentation des réalisations et de l’histoire de Raoul Servais, présumé père du cinéma d’animation belge. Hugues y passe du temps pendant que je fais quelques lectures pour la suite!

On casse ensuite la croûte avec un bon shawarma avant d’entreprendre la visite du Musée des Beaux-Arts (MSK). Nous aurions aimé un tour guidé par audioguide, comme au Rijksmuseum d’Amsterdam : quelque chose qui nous fait voir les essentiels en 1 h 30. Ici, le parcours proposé dure un bon 2 heures, et c’est vraiment intéressant et beau. Le bâtiment lui-même vaut le détour! Mais nous en ressortons avec l’impression d’en avoir vu beaucoup, sans nécessairement avoir vu les pièces les plus renommées. Pourtant, le musée de Gand est nettement moins imposant que le Rijksmuseum : il y a quelque chose qui cloche dans l’équation! Les directeurs des deux musées devraient échanger de place pour une semaine. Amsterdam nous a offert les grands classiques en 1 h 30, Gand nous a offert 2 heures de beauté sans les vedettes. Il y a un équilibre à trouver quelque part! Mais qu’est-ce que j’y connais, en musées…!?

On file ensuite vers le centre pour prendre notre croisière sur les canaux, en français. On apprend beaucoup sur les différents bâtiments et sur l’histoire, c’est captivant. Le soleil n’est pas au rendez-vous, mais la lumière est belle! Les lentilles d’eau recouvrent les canaux, on a l’impression de naviguer sur un tapis de mousse. C’est dû à un été particulièrement chaud et sec. Elles ne sont pas toxiques, mais elles nuisent aux moteurs des bateaux et empêchent la lumière d’atteindre les plantes au fond de l’eau. Je présume qu’à long terme ça pourrait causer problème, mais pour le moment, ça fait de belles photos!

On termine la journée avec des courses pour le repas du soir : charcuteries italiennes, vin rapporté d’Allemagne (de notre visite au Straußwirtschaft Knobloch à Klotten) et fromages belges. La misère, encore une fois…

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