Dernière journée de notre séjour dans cette ville que nous avons adorée.

On prend l’autobus ce matin et ça va tellement vite, ou c’est parce qu’on est encore dans les vapeurs des nuits gantoises, qu’on loupe l’arrêt. On se ramasse à marcher presque autant que si on était venus à pied, ce qui nous permet toutefois de voir un secteur que nous n’aurions pas exploré, plus résidentiel et sobre tout en conservant un cachet certain.

Nous arrivons au Château des Comtes, construit au 12e siècle par le comte Philippe d’Alsace, qui s’était inspiré de forteresses vues en Terre sainte. Au fil des siècles, il a été une résidence comtale, une prison, une cour de justice, un hôtel des monnaies, puis une filature de coton au 19e siècle. Il a même failli être démoli avant d’être sauvé et restauré. Un audioguide, en français, raconte toute l’histoire de Phil et de ses aventures de manière assez rigolote. On le suit au fil des salles, chambres, escaliers et tours d’où l’on a d’ailleurs de superbes points de vue sur Gand et ses voies navigables. La salle des tortures, et ses divers outils, donne encore des frissons… Plusieurs étoiles H&M pour cette visite et le format de présentation avec l’audioguide. Les plus pressés peuvent même sélectionner une visite qui ne dure que 30 minutes, idéale avec de jeunes enfants.

Le Musée du design n’était pas dans notre sélection de visites du jour, mais puisqu’on le croise, qu’il est inclus dans notre Gent City Card et qu’on a lu quelque part qu’il venait de rouvrir (le 3 octobre, et nous sommes le 8) après 4 années de travaux de transformation, on décide d’y faire un bref arrêt qui dure finalement une bonne heure. Y’a du beau, de l’extraordinaire et du loufoque là!! La nouvelle aile, qui relie les précédentes (16e, 18e et 20e siècles), offre une façade composée de plus de 80 000 briques nommées « Gent Waste Brick ». Les concepteurs ont utilisé des déchets gantois des environs pour ces briques cuites à la chaux, sans passer par un four. Le musée s’adresse à tous, sans oublier les plus petits. De nombreuses possibilités d’ateliers sont offertes; j’ai même pris le temps de faire quelques « points à la croix », ma mince contribution à une murale ou tapisserie collaborative. Visite à inclure si vous séjournez à Gand.

On est ensuite allés bouffer chez Frituur Frans Hooiaard des frites recouvertes de stoverij, qui est en fait la classique carbonnade. C’était vachement bon et chaud. Apprécié vu la météo déchaînée : le vent et la pluie se déchaînent aujourd’hui, l’imperméable est de mise. On attend d’ailleurs que ça se calme un peu avant de partir et de se réfugier chez Leonidas.

Lui non plus n’était pas à l’horaire, mais comment résister à l’odeur qui s’échappe de l’échoppe? Leonidas est une chocolaterie plus que centenaire… faut bien y goûter! C’est bon, mais on a l’impression qu’ils goûtent pas mal tous le même fourrage praliné. Alors, histoire de comparer, on entre chez Deduytschaever. La devanture affiche fièrement qu’ils ont remporté la médaille Gault et Millau du meilleur chocolatier de Flandre en 2026 et une autre fois quelques années plus tôt. On se choisit 2 petits chocolats chacun, et c’est plein de saveurs et de textures décadentes! MIAM3! Je n’ai pas de photos de nos faces mangeant du chocolat alors je vous glisse quelques clichés pris dans le courant de la journée, lors de quelques passages ensoleillés!

Bien rassasiés et pleins d’énergie à brûler, on affronte les églises du coin : la Saint-Michel et la Saint-Nicolas.

La St-Nic a été construite grâce aux riches marchands de la ville, Saint-Nicolas étant le patron des marchands et des marins. Sa tour a servi de poste de garde avant la construction du beffroi.

La Saint-Michel, bien que massive, est de l’autre rive. Son clocher devait aussi être très haut, mais le budget aurait manqué après 2 siècles de construction et la tour est restée basse.

Au tour du beffroi, qui a pris le relais et servi de poste de guet. Il est accessible en gravissant quelques étages à pied, puis c’est un ascenseur qui nous mène en haut. Comme mentionné plus haut, la journée est venteuse, alors si le point de vue est beau, on ne s’éternise pas, au risque d’attraper notre coup de mort! En descendant, à pied, on visionne une vidéo du carillonneur. Il explique comment fonctionne le système de cloches et c’est vraiment fascinant! On a aussi pu observer la « girouette » du beffroi, qui est en fait un immense dragon. On se demande comment ils ont pu fixer l’immense bête au sommet à l’époque!!

On fait un arrêt obligé à la cathédrale Saint-Bavon. Son principal attrait est le fameux Agneau mystique, mais nous n’avons pas de billet et c’est correct de même. Des œuvres d’art à connotation religieuse, on en revient à un moment donné. TSÉ!

Hugues a aussi fait la classique photo des trois tours depuis le pont Saint-Michel : beffroi, Saint-Nicolas et Saint-Bavon.

En fin d’après-midi, on cherche une terrasse (avec chauffe-terrasse please) pour l’apéro et c’est chez Café ’t Kanon qu’on s’arrête. On choisit une bière belge, que je choisis sans alcool par inadvertance, mais elle est bonne quand même! C’est aussi pour passer un peu le temps, car à 18 h on va chez Music Mania, un disquaire croisé en début de semaine qui offre des prestations de bands locaux. Aujourd’hui, ce sont les Foutloos qui s’offrent en prestation. Je crois que c’était un clin d’œil à Footloose, mais en cherchant je ne suis plus certaine, car en néerlandais ça veut plutôt dire « sans faute ». C’était un beau moment!

Je ne me rappelle plus à quel moment dans la journée, mais on s’est aussi enfourné une tarte aux pommes et un cappuccino chez ’t Verschil.

Ça fait le tour de notre passage à Gand. C’était vraiment parfait même si on aurait aimé avoir autant de chaleur et de soleil que précédemment. C’est une ville riche en histoire, vivante, bien entretenue, facile à visiter, bien desservie par les transports. Elle se marche bien, puisqu’elle est « plate ». On reviendra certainement en Belgique un jour et il sera difficile de ne pas y faire escale à nouveau tant on l’a aimée et tant on aurait pu y passer encore quelques journées à voir d’autres musées et lieux. Voilà pour la note parfaite, le sans faute, le Foutloos quoi!

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